Rencontre avec Agathe ROUBAUD, fondatrice d’Urba Terra
Ce jeudi 31 avril, nous avons rencontré Agathe ROUBAUD, Fondatrice d’Urba Terra et coordinatrice des Cols verts Albi, qui nous a accueilli sur leur site : la ferme du Gô.
Cet échange devait nous permettre de comprendre leur rôle sur le territoire albigeois ainsi que leur vision du Projet Alimentaire Territorial .
Urba Terra est une association autour de l’agriculture et de la collaboration. Cette association utilise les terres autour de la ferme du Gô (4 hectares) pour les porteurs de projet qu’elle accompagne. Ils ont droit à des parcelles de 500m2 pour tester un modèle d’agriculture. Cependant, Urba Terra défend un système résilient c’est-à-dire qu’un élément a plusieurs fonctions, mais qu’une fonction est remplie par plusieurs éléments. L’idée est de former des jeunes agriculteurs à un projet agricole en permaculture et de prendre comme outil expérimental, la ferme du Gô, toute proche du centre ville d’Albi dans une des méandres du Tarn.
Agathe ROUBAUD porte un avis ferme sur le PAT. Selon elle, la mairie cherche à garder le projet sur la commune, et ne souhaite pas le faire évoluer sur l’intercommunalité.
Elle estime que le projet a mal été conçu car il n’y a pas eu de diagnostic à l’origine du projet et donc on ne peut pas connaître l’efficacité du projet et s’il a réellement un impact sur le territoire. Une conduite du projet « partagé » aurait permis d’autres résultats et sans doute une approche et une gouvernance avec plus de sens.
La mairie aurait été directement dans l’action en installant des agriculteurs sans connaître leur capacité de production. “ Ils ont eu pas mal de zozo au début”.
Cependant, la mairie aurait appris de cette erreur et se serait liée avec la chambre d’agriculture et le lycée agricole de Fonlabour afin de mieux sélectionner les futurs maraîchers et d’asseoir une légitimité sur le territoire.
Agathe ROUBAUD pense que les structures du territoire devraient être liées entre elles, or celles-ci ont du mal à travailler entre-elles. Aussi, elle nous a fait part du fait qu’un PAT (Projet d’Alimentation Territorial) est normalement porté par les citoyens ou par une association. Le fait que le PAT d’Albi n’émane pas d’une volonté citoyenne pose de véritables limites dans la gouvernance et le sens de ce projet.
Madame ROUBAUD nous a expliqué les difficultés qu’elle percevait dans ce projet d’alimentation mais elle est bien consciente que la mairie a une volonté réelle de créer des actions de relocalisation de l’alimentation, ce qu’elle pense très intéressant. Il manque cependant une ouverture aux acteurs du territoire et une réflexion sur la dimension territoriale de ce projet et les moyens donnés.
Manon ROUX, Mathilda BOTHOREL, Macéo AUBOURG
